Si vous avez déjà eu l’impression que votre bonus-malus était calculé au hasard par votre assureur, rassurez-vous : il y a bien une logique… et elle n’a rien de sorcier une fois qu’on a les bons repères.
Dans cet article, on va voir ensemble comment calculer facilement votre bonus-malus auto pour 2026, sans tableur compliqué ni diplôme d’actuaire. Quelques règles, une méthode simple, un ou deux exemples concrets, et vous saurez estimer votre coefficient comme un pro.
Rappel : comment fonctionne le bonus-malus auto en France ?
Le bonus-malus, ou coefficient de réduction-majoration (CRM), est un système national qui s’applique à quasiment tous les contrats d’assurance auto en France.
Le principe est simple :
- Vous démarrez avec un coefficient de 1,00 (le « tarif de base »).
- Chaque année sans accident responsable, votre prime baisse grâce à un bonus.
- Chaque accident responsable (ou partiellement responsable) augmente votre coefficient par un malus.
- Votre coefficient est plafonné entre 0,50 (bonus maximal) et 3,50 (malus maximal).
Ce coefficient se multiplie au tarif de référence de votre assureur. Exemple très simplifié :
- Tarif de base (sans bonus-malus) : 600 € par an.
- Coefficient 0,76 → 600 x 0,76 = 456 €.
- Coefficient 1,25 → 600 x 1,25 = 750 €.
Vous comprenez rapidement l’enjeu : quelques points de bonus ou de malus peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Les règles officielles du bonus-malus à connaître absolument
Pour calculer votre coefficient en 2026, il faut d’abord avoir les bonnes règles en tête. Voici les principales (en vigueur à la date d’écriture de cet article) :
- Coefficient de départ : 1,00 (sauf cas très spécifiques).
- Année sans accident responsable : on multiplie votre coefficient par 0,95 (soit –5 %).
- Accident 100 % responsable : on multiplie votre coefficient par 1,25 (+25 %).
- Accident partiellement responsable : on multiplie votre coefficient par 1,125 (+12,5 %).
- Bonus maximum : 0,50 (au bout de 13 ans sans sinistre responsable).
- Malus maximum : 3,50.
Deux règles un peu moins connues, mais très utiles :
- Après 2 ans sans sinistre responsable avec un malus, votre coefficient est ramené à 1,00 maximum. Autrement dit, vos « casseroles » finissent par disparaître, à condition de rouler proprement pendant 2 ans.
- Si vous êtes déjà en bonus, vous continuez à bénéficier du –5 % par année sans sinistre, jusqu’à atteindre 0,50.
Enfin, un point essentiel : le bonus-malus est attaché au conducteur, pas au véhicule, ni à l’assureur. Si vous changez de voiture ou d’assurance, vous gardez votre coefficient.
Étape 1 : connaître votre coefficient de départ avant 2026
Avant de projeter votre bonus-malus pour 2026, il faut partir de votre situation actuelle. Trois cas de figure :
- Vous avez déjà un contrat auto : votre coefficient figure sur votre avis d’échéance, vos conditions particulières ou sur le relevé d’information remis par votre assureur.
- Vous êtes jeune conducteur et vous allez assurer votre première voiture en 2025 : vous partirez, sauf cas particulier, avec un coefficient de 1,00.
- Vous reprenez l’assurance après une période sans véhicule : votre ancien bonus peut être conservé pendant un certain temps (généralement 2 ans, parfois plus selon les assureurs). Votre nouvel assureur vous le confirmera à partir de votre relevé d’information.
Une fois le coefficient de départ identifié, le calcul devient mécanique.
Étape 2 : la méthode simple pour estimer votre bonus-malus en 2026
Pour projeter votre coefficient en 2026, il suffit d’appliquer les règles année par année, en fonction de ce qui se passe sur la période 2025-2026 (ou 2024-2026 si vous voulez anticiper sur deux ans).
La logique :
- Pour chaque année sans sinistre responsable : coefficient x 0,95 (avec un minimum de 0,50).
- Pour chaque sinistre 100 % responsable : coefficient x 1,25 (sans dépasser 3,50).
- Pour chaque sinistre partiellement responsable : coefficient x 1,125 (sans dépasser 3,50).
Pour estimer votre coefficient en 2026 :
- Identifiez votre coefficient à la date d’échéance 2025 (celui appliqué à votre prime 2025).
- Projetez ce qui devrait se passer entre l’échéance 2025 et l’échéance 2026 :
- aucun sinistre responsable → appliquez une réduction de 5 % ;
- 1 sinistre responsable → appliquez +25 % ;
- 1 sinistre partiellement responsable → appliquez +12,5 % ;
- plusieurs sinistres → appliquez la majoration autant de fois que nécessaire.
- N’oubliez pas les règles de plafond (0,50 min, 3,50 max).
Formule générale :
Coefficient 2026 = Coefficient 2025 × (0,95n) × (1,25x) × (1,125y)
Avec :
- n = nombre d’années sans sinistre responsable sur la période concernée,
- x = nombre de sinistres 100 % responsables,
- y = nombre de sinistres partiellement responsables.
Ça a l’air théorique ? Passons tout de suite aux exemples.
Exemple 1 : aucun accident jusqu’en 2026
Imaginons que vous ayez :
- Un coefficient de 0,76 en 2025 (cas classique après quelques années de conduite sans sinistre).
- Aucun sinistre responsable ni partiellement responsable entre 2025 et 2026.
Votre coefficient en 2026 sera :
0,76 × 0,95 = 0,722, arrondi à 0,72 (les assureurs arrondissent généralement à deux décimales).
Si votre tarif de base (hors bonus-malus) est de 600 €, votre prime passerait théoriquement de :
- 2025 : 600 × 0,76 = 456 €
- 2026 : 600 × 0,72 = 432 €
Sans même changer de voiture ni de contrat, vous gagnez 24 € par an, uniquement grâce à votre bonne conduite. C’est l’essence même du système.
Exemple 2 : un accident responsable en 2025, calcul pour 2026
Prenons un cas plus délicat, mais instructif.
Vous avez :
- Un coefficient de 0,68 en 2025.
- Un accident 100 % responsable déclaré en cours d’année 2025.
- Aucun autre sinistre entre-temps.
Lors du calcul pour l’échéance 2026, votre assureur va :
- D’abord appliquer la réduction pour année écoulée : 0,68 × 0,95 = 0,646.
- Ensuite appliquer le malus de 25 % : 0,646 × 1,25 = 0,8075, arrondi par exemple à 0,81.
Votre coefficient remonte donc de 0,68 à 0,81.
Avec un tarif de base hypothétique de 600 € :
- Avant accident (2025) : 600 × 0,68 = 408 €.
- Après accident (2026) : 600 × 0,81 = 486 €.
Vous payez ainsi 78 € de plus l’année suivante. D’où l’importance de réfléchir avant de déclarer un « petit » accrochage quand le coût des réparations est inférieur ou équivalent à ce que vous feriez perdre en bonus sur plusieurs années.
Exemple 3 : plusieurs sinistres avant 2026
Étudions un cas plus extrême, que j’espère purement théorique pour vous.
Situation au 1er janvier 2025 :
- Coefficient : 1,00.
- En 2025 :
- 1 sinistre 100 % responsable ;
- 1 sinistre partiellement responsable.
Calcul pour 2026 :
- Réduction pour l’année écoulée (on la conserve tant qu’il n’y a pas que des sinistres responsables dans l’année, mais les assureurs peuvent appliquer les majorations de différentes manières dans le détail ; on illustre ici le principe global) : 1,00 × 0,95 = 0,95.
- Majoration pour le sinistre responsable : 0,95 × 1,25 = 1,1875.
- Majoration pour le sinistre partiellement responsable : 1,1875 × 1,125 ≈ 1,335.
Votre coefficient en 2026 serait alors proche de 1,34.
Avec un tarif de base de 600 € :
- Avant sinistres (2025) : 600 × 1,00 = 600 €.
- Après ces deux sinistres (2026) : 600 × 1,34 ≈ 804 €.
On comprend vite pourquoi certains conducteurs se retrouvent « coincés » quelques années avec un malus lourd à porter.
Et après un gros malus : combien de temps pour « revenir à zéro » ?
Le système est sévère à court terme, mais pas irréversible. Une règle vous intéressera particulièrement en cas de gros malus :
- Après 2 ans consécutifs sans sinistre responsable, votre coefficient est ramené à 1,00 maximum si vous étiez en malus.
Concrètement :
- Si vous êtes à 1,50 et que vous passez 2 ans sans sinistre responsable, vous revenez à 1,00.
- Si vous êtes à 1,20, même chose : retour à 1,00 maximum (et non 1,08 ou 1,09).
- Si vous étiez déjà en bonus (par exemple 0,90), on applique la réduction normale de –5 % par an, donc : 0,90 → 0,86 → 0,82, etc.
Autrement dit, le système offre une vraie « seconde chance » : deux ans de conduite propre, et votre malus disparaît progressivement ou totalement selon votre situation initiale.
Changement d’assureur, nouvelle voiture : que devient votre bonus-malus ?
Beaucoup de conducteurs pensent, à tort, qu’en changeant d’assureur ou de voiture, ils pourront « repartir à zéro ». C’est malheureusement (ou heureusement, pour les bons conducteurs) totalement faux.
Deux choses à retenir :
- Votre coefficient est personnel : il vous suit chez tous les assureurs.
- Votre nouvel assureur est obligé de tenir compte du coefficient mentionné sur votre relevé d’information.
Ce relevé d’information mentionne :
- Votre coefficient actuel de bonus-malus ;
- L’historique des sinistres sur les 5 dernières années, en général (date, nature, responsabilité) ;
- Votre identité et celle des conducteurs déclarés.
Quand vous changez d’assureur, celui-ci récupère votre coefficient et l’applique à son propre tarif de base. C’est la raison pour laquelle un très bon bonus est un atout en or pour négocier une meilleure prime, surtout si vous faites jouer la concurrence.
Astuces pour optimiser votre coefficient d’ici 2026
Maintenant que vous savez comment calculer votre bonus-malus, voyons comment l’optimiser intelligemment pour payer moins cher en 2026 et au-delà.
- Réfléchir avant de déclarer un petit sinistre :
- Si les dégâts sont mineurs et le coût de réparation modéré, il peut être plus rentable de payer vous-même plutôt que de perdre du bonus pour plusieurs années.
- Faites une estimation grossière : coût des réparations vs hausse probable de prime pendant 2 ou 3 ans.
- Protéger le conducteur principal :
- Si vous prêtez régulièrement votre véhicule, sachez que tout sinistre responsable impactera votre coefficient, même si vous n’étiez pas au volant.
- Évitez de mettre un conducteur très peu expérimenté derrière le volant de votre voiture principale assurée à votre nom.
- Soigner sa conduite les deux années suivant un malus :
- Après un gros accident, considérez les 2 années suivantes comme une période de « probation ».
- Zéro sinistre responsable pendant 2 ans = retour à 1,00 maximum. C’est votre porte de sortie.
- Adapter vos garanties à votre profil :
- Un bon coefficient ne sert à rien si vous payez trop cher des garanties dont vous n’avez pas besoin.
- À l’inverse, réduire vos garanties à l’extrême pour baisser la prime peut être une mauvaise idée si un sinistre sérieux survient.
- Mettre en avant votre bonus en changeant d’assureur :
- Si vous avez un très bon coefficient (proche de 0,50), n’hésitez pas à demander des devis concurrents.
- Votre bonus est un argument de poids : certains assureurs sont ravis de récupérer des profils « propres » à bon CRM.
Comment vérifier le calcul de votre assureur pour 2026 ?
Même si les assureurs disposent de logiciels pour appliquer automatiquement le bonus-malus, rien ne vous empêche de vérifier les chiffres. C’est même recommandé, surtout si vous avez eu un ou plusieurs sinistres.
Les étapes pour contrôler :
- Récupérez votre coefficient 2025 sur votre avis d’échéance ou votre relevé d’information.
- Listez tous les sinistres entre l’échéance 2024 et l’échéance 2025, puis entre 2025 et 2026 :
- date ;
- responsabilité (0 %, partielle, 100 %) ;
- montant approximatif (pour savoir si le sinistre pourrait être contesté, par exemple).
- Appliquez la logique :
- Année écoulée sans sinistre responsable : x 0,95 ;
- Accident responsable : x 1,25 ;
- Accident partiellement responsable : x 1,125 ;
- Respect des bornes 0,50 / 3,50 ;
- En cas de malus et 2 ans sans sinistre : retour à 1,00 max.
Si le coefficient appliqué par votre assureur pour 2026 ne correspond pas à vos calculs, vous pouvez :
- Demander des explications par écrit (email ou courrier) ;
- Vérifier que tous les sinistres pris en compte sont bien justifiés (et qu’il n’y a pas d’erreur de responsabilité) ;
- En cas de désaccord persistant, saisir le service réclamation de l’assureur, puis le Médiateur de l’assurance en dernier recours.
Ce qu’il faut retenir pour estimer votre coefficient en 2026
Pour anticiper votre bonus-malus en 2026, vous avez désormais tout le nécessaire :
- Le coefficient de départ : récupérez-le sur vos documents d’assurance.
- Les règles clés : –5 % sans sinistre, +25 % en cas de sinistre responsable, +12,5 % en cas de responsabilité partagée.
- Les bornes : minimum 0,50, maximum 3,50.
- Le « reset » partiel après 2 ans sans sinistre responsable en cas de malus.
En appliquant ces quelques règles à votre situation, vous pouvez prévoir votre prime 2026 à la louche et, surtout, prendre des décisions plus éclairées : déclarer ou non un petit sinistre, négocier avec un nouvel assureur, ou ajuster vos garanties.
Et si vous avez un doute sur votre situation particulière ou un cas un peu tordu (plusieurs conducteurs, véhicule de fonction, usage mixte pro/perso…), n’hésitez pas à vous faire accompagner : dans bien des cas, quelques minutes d’analyse peuvent vous faire économiser plusieurs années de surcoût inutile.
